Le rôle du psychologue chez l’enfant autiste (TSA)

De manière générale, il y a beaucoup d’hésitation chez les parents et même parfois chez certains professionnels à venir voir un psychologue lorsque l’enfant est en bas âge (0-5 ans). Pourtant, les familles qui consultent en bénéficient grandement. Les parents ressortent habituellement rassurés puisque même si l’enfant présente des comportements normaux ou développementaux ils ont la possibilité de travailler rapidement à la diminution de ces derniers. En effet, le psychologue pourra contribuer à mettre en mot rapidement ce à quoi l’enfant peut réagir et contribuer à rétablir ou améliorer la communication entre les parents et l’enfant. Ce dernier pourra quant à lui apprendre à verbaliser davantage ce qu’il ressent et orienter graduellement son parent sur l’origine de ses réactions. Par exemple, le psychologue pourrait aider à identifier et mettre en mot la colère ressentie par un enfant qui l’extériorise par des gestes violents et aider la famille à identifier qu’il réagit à son petit frère qui commence à marcher et brise ses jeux.

Les parents d’enfants présentant des symptômes autistiques vivent une réalité très différente. En effet, on les encourage fortement et rapidement à consulter un spécialiste et même parfois plusieurs en même temps comme l’orthophoniste, l’ergothérapeute, le médecin, etc. Imaginez le bouleversement émotionnel et affectif pour ses parents. Un nuage d’inquiétudes plane au-dessus de leur enfant et leur famille. On va aussi souvent suggérer une évaluation pour un Trouble du spectre de l’autisme. Cela peut s’avérer juste et nécessaire mais attention …

On oublie parfois d’envisager la possibilité de voir un psychologue qui pourrait accompagner l’enfant de même que ses parents dans ses particularités. Cela ne ferme pas la voie à d’autres intervenants mais les psychologues travaillant auprès des enfants peuvent contribuer à l’intégration des particularités telles que la notion : de l’espace, du temps, du corps, de la gestion des émotions, de l’anxiété, du monde imaginaire, de la communication et des relations, etc.…

Les psychologues favoriseront aussi le développement de l’identité, l’individualité, la mise en mot, la confiance, l’estime de soi, une meilleure relation parent-enfant et un regard positif sur celui-ci, ingrédients essentiels au bon développement d’un enfant.

Étant donné qu’on ne peut prévoir comment un enfant évoluera et se développera, il peut être aidant de laisser toutes les possibilités ouvertes. Chaque enfant a besoin qu’on croit fondamentalement en lui sans qu’on lui envisage des perspectives ou limitations quelconque mais plutôt une liberté de croire que tout est possible. Évidemment, il y aura des défis à relever mais qui n’en a pas ???

Les parents tout comme l’enfant auront la possibilité d’envisager l’avenir au-delà du ou des diagnostics. Cela représente un défi de taille pour ces derniers étant donné l’implication émotionnelle et la souffrance associée aux difficultés. Le psychologue doit être disponible pour les parents afin de leur offrir la possibilité de prendre soin de cette souffrance et d’approfondir la relation avec leur enfant. L’espace thérapeutique empreint d’empathie, d’écoute, de respect et d’ouverture, pourra permettre à l’enfant d’outre passer les inquiétudes ou commentaires et ainsi ouvrir des portes insoupçonnées en lui. Enfin, il ne faut pas oublier le courage et l’investissement, à tous les niveaux, associés à ce type de démarche. Le respect est de mise tant pour ceux qui souhaitent faire ce voyage intérieur que pour ceux qui le refusent ou ne s’y sentent pas prêt.

 

Sandra Tremblay, M.A., Ph.D.

Docteure en psychologie

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