L’autisme est un sujet dont on entend de plus en plus parler au niveau de l’enfant lui-même mais très peu en ce qui concerne la réalité des frères et sœurs qui vivent avec un enfant ayant ce diagnostic. Et pourtant, l’enfant autiste prend une place bien particulière au sein de la famille qui doit organiser son quotidien autour de ses besoins : rendez-vous avec divers professionnels (ergothérapeute, orthophoniste, psychoéducatrice, etc.), attentions spéciales lors des sorties, gestions des crises, heure du coucher, etc.

Les frères et sœurs ont une importance particulière dans le développement de l’enfant. Il y a donc lieu de se questionner sur ce que peut vivre la fratrie dans une famille où existe un enfant autiste.  En fait, chaque enfant sera atteint différemment dépendant entre autre de la sévérité des symptômes de l’enfant autiste, des réactions des parents et de la famille élargie face à ce trouble et du rang de l’enfant dans la famille. Les enfants cherchent naturellement à comprendre leur réalité de différentes manières. Ainsi, en présence d’un frère ou d’une sœur présentant un trouble ou une difficulté, l’enfant aura des besoins bien à lui. Voici quelques suggestions pour répondre aux besoins de la fratrie :

  • S’accorder des moments seul à seul avec l’enfant. Comme l’enfant autiste peut demander beaucoup d’attention de la part des parents, le frère ou la sœur peut se sentir mis de côté et réagir pour demander de l’attention ;
  • Axer sur la différence entre son frère ou sa sœur atteint d’autisme et lui afin d’éviter qu’il répète les mêmes comportements ou fasse des crises similaires ;
  • Faire attention à ne pas rendre l’enfant plus mature ou responsable qu’il peut l’être. Il peut être facile d’oublier que l’enfant est jeune et vouloir exiger qu’il fasse plus pour compenser ce que l’enfant autiste ne peut faire ;
  • Permettre à l’enfant d’exprimer ses émotions de frustration à l’égard de son frère ou sa sœur autiste. Les enfants ont une tendance naturelle à être jaloux ou envieux de ce que ses frères et sœurs ont, même si c’est un enfant handicapé, accidenté, malade ou présentant un trouble. Ainsi, il peut lui arriver de penser qu’il aimerait mieux ne pas avoir ce frère ou cette sœur et si les parents le comprennent et l’aide à faire la distinction entre la situation ou le comportement et la personne (ce n’est pas l’enfant mais bien la situation qui est difficile à vivre par moment pour l’enfant), l’enfant s’en portera mieux ;
  • Expliquer ce qu’est l’autisme. Le livre de Stéphanie Deslauriers, psychoéducatrice, Laisse-moi t’expliquer… l’autisme est d’ailleurs un excellent outil pour accompagner la fratrie (et même tous les enfants qui gravitent autour d’un enfant autiste ; cousins, cousines, voisins, enfants de la garderie, à l’école, au terrain de jeu, etc.). Ce livre est en vente à la boutique de Multi Ressources Québec ou aux Éditions Midi Trente.
  • Jouer avec l’enfant, inventer des jeux, faire dessiner. Le jeu est un moyen très puissant pour aider l’enfant à s’adapter à son quotidien et à libérer des tensions. Alors, amusez-vous avec lui !

 

 

Nathalie Parent

Psychologue, auteure, conférencière et formatrice

www.nathalieparentpsychologue.com

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