Cinq trucs pour aider un enfant hyperactif

Comme le disait Albert Einstein : La vie c’est comme une promenade à vélo, pour garder son équilibre il fait rester en mouvement! En effet, la vie c’est le mouvement et des enfants bien en vie bougent car ils en ont besoin.

Lorsqu’un enfant a de la difficulté à s’endormir parce qu’il a la bougeotte, il y a plusieurs questions à se poser :

  • A-t-il suffisamment dépensé d’énergie durant sa journée avant d’aller au lit ? Un enfant assis toute une journée ne dépensera pas l’énergie nécessaire pour détendre son corps.
  • Est-il surexcité parce qu’il est trop fatigué ? Certains enfants deviennent hyperactifs lorsqu’ils ont dépassé leur heure de coucher ou encore suite à l’utilisation d’écran (jeux vidéos, télé, etc.) qui stimule le cerveau et projette une lumière bleue qui fait sécréter les hormones de l’éveil.
  • Réagit-il physiquement à quelque chose ? Malaise (certains enfants deviennent agités lorsqu’un virus s’installent et même un peu avant), tensions, surplus de sucre, démangeaisons quelconques, etc.
  • Est-il anxieux ? A-t-il peur de quelque chose ? Les émotions, que ce soit la peur ou la colère, peuvent amener un enfant à s’agiter. Si l’enfant n’arrivent pas à exprimer ses émotions et à en être conscient c’est au parent de l’aider. Mais si le parent a lui-même de la difficulté à les identifier (ce qui est fréquent!) alors l’enfant aura de la difficulté à se comprendre et l’amènera à bouger.
  • A-t-il besoin de votre attention ? Si c’est le cas, il faudrait prévoir un moment où vous lui accordez vraiment votre attention et limiter le temps de discussion à l’heure du coucher.
  • Vit-il une situation de stress ; changement à la maison, arrivé d’un nouveau bébé, changement à la garderie, décès ou maladie d’un proche, déménagement, changement d’école ou entrée à l’école, etc.

La réflexion vient avec l’âge, la maturité et demande beaucoup de patience et de compréhension de la part des parents. Ce n’est pas parce qu’un adulte dit à un enfant d’aller réfléchir, qu’il va réellement réfléchir. Non pas parce qu’il ne veut pas mais bien parce qu’il n’a pas la même capacité qu’un adulte.

Pour aider un enfant à devenir plus calme, tout en sachant qu’il est sain pour un enfant de bouger, voici quelques suggestions :

1. Lui offrir du matériel créatif ou symbolique où il pourra exprimer ce qu’il ressent ou du moins l’extérioriser : papier et crayons, bonhommes, marionnettes, figurines, pâte à modeler, instrument de musique, etc.

2. Favoriser le jeu libre durant la journée ; laisser l’enfant jouer ou perdre son temps ailleurs que sur des écrans (donc limiter le temps d’écran). Lorsque l’enfant s’invente un rôle où il est le tout puissant, il extériorise entre autre son sentiment d’être petit et lui donne l’impression d’avoir un peu de contrôle, ce qui pourra diminuer ses tensions, ses frustrations, son besoin de s’opposer, etc.

3. Plutôt que de punir un enfant en l’obligeant à rester assis ou en le privant de récréation, faites-le bouger! Dites-lui avec calme le plus possible : « Tu pourras jouer avec nous lorsque tu cesseras ton comportement. Si tu continues, je comprendrai que tu préfères jouer sans nous et faire des pompes (ou autre conséquence qui le fait bouger comme des sauts, course, tenir sur un pied). » En le prévenant de la sorte, vous lui remettez le choix de son action.

4. Faire une détente active : Les enfants ont également besoin de se détendre et de faire des activités plus calmes mais certains enfants ont besoin de faire une relaxation plus active. Plutôt que d’être allongé sur le dos tout en se concentrant sur sa respiration, demandez plutôt à l’enfant de faire travailler ses muscles dans un contracter-relâcher : serrer les poings très fort pendant 5 secondes puis relâcher… Même chose en tirant les orteils vers la tête, en poussant les talons dans le matelas, en poussant les coudes contre le matelas, en serrant les épaules ensemble, en rentrant le menton vers la poitrine, etc. Ce qui a pour effet de faire sentir au corps la différence entre être sous tension et être détendu. Même chose avec des exercices de yoga.

5. Cherchez à comprendre le sens de son comportement. Pourquoi cet enfant agit ainsi, qu’est-ce qu’il essaie de dire par son geste ou son agitation répétée ? Quel est son besoin derrière le fait qu’il bouge ?

L’enfant ne fait pas exprès de bouger pour déplaire à l’adulte, il vit plutôt le moment présent, recherchant inconsciemment la réponse à son besoin ou désir immédiat. C’est-à-dire que s’il a besoin d’attention et que la seule façon d’en avoir est de bouger alors il bouge… S’il est fatigué et qu’il n’a pas le goût de s’endormir pour une raison inconnue alors il bouge pour éviter le sommeil… S’il vit une situation stressante dont il est incapable de parler alors il s’étourdie dans le mouvement pour éviter d’y penser…

Si vous trouvez la raison à son action, alors cherchez avec lui des solutions et des conséquences actives si nécessaire. Sinon, vous pouvez prendre du recul ou consulter un porfessionnel pour comprendre la situation et éviter qu’elle ne dégénère. Peut-être également que l’enfant tente d’exprimer qu’il est simplement un enfant tout plein d’énergie comme la vie l’a conçu. Comme l’a dit Jean-Marc Chaput dans une de ses conférences : T’en fait pas, à 76 ans, y sautera pu!

 

Nathalie Parent

Psychologue, auteure, conférencière et formatrice

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